En janvier 2026, une mission conjointe de vérification des alertes de déforestation a été conduite dans le Parc National de Boumba Bek, à la suite des nombreuses alertes enregistrées au quatrième trimestre 2025 via la plateforme Global Forest Watch (GFW).
Cette mission s’inscrit dans la continuité des actions de renforcement des capacités menées par ASD auprès des écogardes et des communautés riveraines du parc national de Boumba Bek sur l’utilisation des outils de suivi du couvert forestier.
Sur la base des alertes de déforestation détectées, un échantillon aléatoire de vingt-sept (27) alertes a été retenu pour une vérification sur le terrain. Cet échantillon a été réparti en deux lots distincts : un premier lot composé de dix (10) alertes et un second lot comprenant dix-sept (17) alertes.
Les équipes mobilisées, constituées des écogardes du parc et de représentants des communautés riveraines, ont procédé à la localisation précise des points signalés à l’aide d’outils GPS. Cette démarche visait à confronter les données issues de l’imagerie satellitaire à la réalité observée sur le terrain, afin d’évaluer avec rigueur la présence ou non de changements effectifs du couvert forestier.
1- Confirmation de la perte du couvert forestier (10 alertes confirmées)
La vérification du premier lot de dix (10) alertes a permis de confirmer l’existence d’une perte significative du couvert forestier. Les observations effectuées sur le terrain ont mis en évidence une zone affectée par un incendie récent, la présence de cultures de bananier plantain, ainsi que des signes d’occupation humaine régulière. Ces éléments indiquent clairement une activité anthropique susceptible d’expliquer les alertes de déforestation enregistrées.
Toutefois, l’origine exacte du feu n’a pas pu être formellement déterminée. Plusieurs hypothèses sont envisagées, notamment une pratique non maîtrisée lors de la récolte de miel, un défrichement à des fins agricoles ou encore une exploitation liée aux produits forestiers non ligneux.
2- Absence de changement du couvert forestier (17 alertes non confirmées)
La vérification du second lot de dix-sept (17) alertes n’a révélé aucun changement du couvert forestier. La forêt était intacte sur l’ensemble des points visités.
Cette situation suggère que certaines alertes pourraient résulter de facteurs techniques liés à l’interprétation des images satellitaires, tels que des ombres denses, une couverture nuageuse partielle ou des artefacts d’image.
3- Observations complémentaires en matière de surveillance
La mission a également permis d’identifier et de détruire trois campements de braconniers, de démanteler sept câbles de chasse et de récupérer deux douilles de cartouches sur les sites visités.
Ces constats confirment la persistance d’activités illégales dans certaines zones du parc et soulignent la nécessité de maintenir une surveillance régulière et coordonnée.
Par ailleurs, l’observation d’un gorille au cours de la mission témoigne du potentiel écologique toujours significatif de l’aire protégée et rappelle l’importance de renforcer les efforts de conservation afin de préserver cette biodiversité remarquable.
4- Enseignements stratégiques et implications pour la gouvernance forestière
Cette mission met en évidence la pertinence des outils satellitaires pour la détection précoce des changements du couvert forestier, tout en soulignant la nécessité de procéder à des vérifications systématiques sur le terrain afin de garantir la fiabilité et la bonne interprétation des données collectées.
Elle démontre également l’importance d’une collaboration étroite entre les autorités du parc, les communautés locales et les partenaires techniques, condition essentielle pour assurer une surveillance efficace et durable des écosystèmes forestiers.
À travers cet accompagnement, ASD réaffirme ainsi son engagement en faveur d’une gouvernance forestière fondée sur l’évidence, la participation locale et l’innovation technologique, au service de la conservation et de la gestion durable des ressources naturelles.
