Dans la région du Nord Cameroun, les communautés rurales sont confrontées à une réalité de plus en plus préoccupante : des sols qui s’appauvrissent, des terres qui se dégradent et des effets du changement climatique qui s’intensifient. Ces défis fragilisent directement la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de milliers de familles.
Face à cette situation, Action for Sustainable Development (ASD), en partenariat avec JADD, a engagé une initiative ambitieuse pour promouvoir des pratiques agricoles durables et résilientes, en plaçant les femmes et les jeunes au cœur du changement. Cette dynamique est rendue possible grâce au soutien précieux de la Fondation Setec.
C’est dans ce contexte qu’une formation pratique sur le compostage en tas a été organisée au début du mois de mars 2026 dans le village d’Adamaoua 1, situé dans la commune de Ngong, région du Nord Cameroun.
Une forte mobilisation des femmes et des jeunes
L’activité a mobilisé 47 participants, dont 32 femmes, 8 jeunes et 7 hommes, issus des villages d’Adamaoua 1 et d’Ardo Djallo. Cette forte participation féminine confirme le rôle central des femmes dans la production agricole locale et leur engagement croissant dans l’adoption de pratiques durables.
La présence de participants provenant de plusieurs villages a également favorisé des échanges d’expériences riches, renforçant les dynamiques d’apprentissage collectif et de diffusion des bonnes pratiques au sein des communautés.
Au-delà des chiffres, cette mobilisation traduit un intérêt réel et croissant pour des solutions agroécologiques accessibles, adaptées aux réalités locales et porteuses d’un changement durable.
Apprendre en pratiquant : une approche participative efficace
Plutôt qu’une formation classique, l’activité a été conçue comme un véritable espace d’apprentissage collectif, combinant :
- des apports théoriques sur la fertilité des sols et le compostage
- des échanges interactifs entre participants
- une démonstration pratique sur le terrain
- une implication active des bénéficiaires à chaque étape du processus.
Sur le terrain, les participants n’ont pas seulement écouté — ils ont expérimenté, manipulé, questionné et compris.
Cette approche participative a ainsi facilité une meilleure appropriation des techniques de compostage. En les mettant directement en pratique, les bénéficiaires repartent non seulement avec des connaissances, mais surtout avec des compétences concrètes, immédiatement applicables dans leurs exploitations agricoles.
Le compostage : une solution locale, accessible et durable
Au cœur de la formation, les participants ont découvert une solution simple mais puissante : transformer les ressources disponibles localement en fertilisant naturel.
Feuilles mortes, herbes fraîches, bouse de vache, fientes animales, cendre… autant de matériaux accessibles qui, une fois combinés, deviennent une véritable richesse pour les sols.
Au-delà de la théorie, les bénéficiaires ont été guidés pas à pas à travers les étapes essentielles du compostage :
- le choix d’un site adapté
- la mise en place des différentes couches de matières
- la gestion de l’humidité et de l’aération
- l’entretien du tas jusqu’à sa maturation (environ 2 à 3 mois)
Sur le terrain, un tas de compost démonstratif a été entièrement réalisé avec la participation des apprenants. Cette mise en pratique a permis de lever les doutes et de montrer que cette technique est à la fois simple, peu coûteuse et parfaitement adaptée aux réalités locales.
Leçons clés et perspectives
Au-delà des résultats immédiats, cette expérience a permis de dégager des enseignements essentiels pour la mise à l’échelle des pratiques agroécologiques :
- L’apprentissage par la pratique est un levier déterminant d’adoption : en expérimentant directement les techniques, les bénéficiaires développent une compréhension concrète et une confiance qui favorisent le passage à l’action.
- L’utilisation des ressources locales garantit la durabilité des solutions : en s’appuyant sur des matériaux accessibles et disponibles dans l’environnement immédiat, les pratiques proposées restent économiquement viables et facilement reproductibles.
- La dynamique inter-villages accélère la diffusion des innovations : l’implication de plusieurs communautés favorise le partage d’expériences, renforce l’appropriation collective et ouvre la voie à une adoption à plus grande échelle.
Ces enseignements confirment que des interventions simples, bien ciblées et ancrées dans les réalités locales peuvent générer des changements durables et structurants pour les communautés rurales.

Merci beaucoup pour ce partage instructif et inspirant. La fabrication du composte est une action louable dans cette génération où on promeut davantage le bien être communautaire tout en favorisant la durabilité environnementale . Ça aura été bénéfique pour moi de bénéficier aussi de cette formation pratique