La deuxième phase du projet de renforcement des capacités des gardiens de la forêt est en cours dans les villages riverains du Parc National de Boumba-Bek. Portée par Action for Sustainable Development (ASD), avec l’appui financier de Global Greengrants Fund, cette étape met l’accent sur la formation agricole comme levier de protection durable des ressources forestières
Après une première mission en janvier 2026 dans les villages de Ngatto Nouveau et Tembe-Piste, les responsables du projet ont engagé la deuxième phase opérationnelle, consacrée cette fois aux formations théoriques. La première séquence avait permis d’informer les différentes parties prenantes, de mobiliser les communautés bénéficiaires et de poser les bases organisationnelles et techniques nécessaires à la mise en œuvre des activités.
Cette deuxième étape a été consacrée à des formations théoriques sur les itinéraires techniques des spéculations agricoles retenues par les communautés, avec un accent particulier sur la production du maïs et du manioc, cultures essentielles pour la sécurité alimentaire et les revenus locaux, constituant ainsi un pas significatif dans le renforcement progressif des capacités locales..
La banane plantain comme culture stratégique
Compte tenu de l’importance stratégique de la banane plantain dans les systèmes locaux de production et de son fort potentiel économique, la mission a également intégré une formation pratique sur la production de plants issus de fragments de tiges (PIF) de bananier plantain. Il s’agissait ici de démontrer de façon concrète la mise en place d’un propagateur de PIF, tout en sensibilisant les producteurs à l’intérêt de cette technique innovante.
Dans un contexte forestier, où l’accès à des rejets de bonne qualité est souvent limité, irrégulier ou sujet à des contaminations (maladies, nématodes, charançons), la technique des PIF apparaît comme une solution particulièrement adaptée. Elle permet de produire en grande quantité des plants sains, homogènes et vigoureux à partir d’un nombre réduit de pieds-mères sélectionnés. Cette méthode contribue ainsi à sécuriser l’approvisionnement en matériel végétal de qualité, condition essentielle pour améliorer les rendements et garantir la durabilité des plantations.
Promotion des PIF comme levier d’amélioration des revenus des gardiens de la forêt
À travers cette approche, les promoteurs du projet visent une amélioration durable des rendements agricoles afin de limiter l’extension des cultures vers les espaces forestiers. L’initiative s’inscrit ainsi dans une logique de conciliation entre sécurité économique des communautés et préservation des écosystèmes forestiers. Pour les populations riveraines, ce renforcement progressif des capacités constitue une étape essentielle vers une gestion plus responsable des ressources naturelles et une meilleure appropriation des enjeux de conservation.
Par ailleurs, la production de plants issus de fragments de tiges (PIF) offre des avantages économiques non négligeables pour les producteurs, notamment la réduction des coûts liés à l’achat de rejets et la possibilité de développer des pépinières locales génératrices de revenus. Elle favorise également la diffusion rapide de variétés améliorées ou résilientes. Dans les zones forestières enclavées, cette autonomie en matériel végétal constitue un levier stratégique pour renforcer la résilience des systèmes agricoles, soutenir la diversification des cultures et améliorer durablement les moyens d’existence des communautés.
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