Dans un contexte marqué par la dégradation progressive des terres agricoles, la baisse de fertilité des sols et l’irrégularité des pluies liée aux changements climatiques, les communautés rurales du Nord Cameroun font face à des défis croissants. Les femmes et les jeunes, particulièrement vulnérables sur le plan socio-économique, sont en première ligne.
C’est dans cette dynamique que l’association ASD, avec l’appui de son partenaire local JADD et le soutien financier de la Fondation Setec, a organisé des sessions pratiques de renforcement des capacités au profit de près de 200 personnes, dont plus de 90 % étaient des femmes et des jeunes.
Anticiper la saison des pluies : un enjeu crucial
À l’approche de la saison des pluies, période clé pour la préparation des parcelles et les semis, il est essentiel pour les producteurs de maîtriser des techniques agricoles adaptées aux réalités sahéliennes.
ASD a ainsi jugé prioritaire d’accompagner les communautés à travers des formations pratiques, axées sur des méthodes permettant :
- d’optimiser la rétention d’eau
- de limiter l’érosion des sols
- et d’améliorer durablement les rendements agricoles
Les villages de Winde Ngong 1 et 2, Ardodjallo et Adamaoua 1 ont ainsi bénéficié de démonstrations concrètes sur le terrain.
Des techniques simples et efficaces pour restaurer les sols
La technique du Zaï : cultiver malgré la sécheresse
La technique du zaï consiste à creuser, pendant la saison sèche, des trous de plantation de 20 à 30 cm de diamètre et de 10 à 20 cm de profondeur.
Ses principaux avantages :
- amélioration de la rétention d’eau
- réduction de l’érosion
- augmentation significative des rendements agricoles
Cette méthode permet de concentrer l’eau et les nutriments au pied des cultures, favorisant ainsi leur croissance même en conditions difficiles.
La technique des demi-lunes : capter chaque goutte d’eau
Les demi-lunes sont des cuvettes en forme de demi-cercle, généralement larges de 2 à 6 mètres, disposées en quinconce selon les courbes de niveau.
La terre excavée forme un bourrelet en aval qui permet de retenir l’eau de pluie, tandis qu’une fumure organique est ajoutée à l’intérieur.
Ses avantages :
- collecte optimale des eaux de ruissellement
- adaptation idéale aux zones arides
- possibilité de cultures variées (sorgho, maraîchage, etc.)
Des bénéficiaires actrices de leur apprentissage
Au-delà des démonstrations, les femmes et les jeunes ont activement participé aux exercices pratiques. Chacune a testé les techniques, identifié leurs avantages et les contraintes liées à leur mise en œuvre.
Cette approche participative leur a permis de faire des choix éclairés, en fonction de leur disponibilité en main-d’œuvre et de leurs réalités locales.
Vers des campagnes agricoles plus résilientes
Grâce à ces formations, les communautés abordent la prochaine saison agricole avec des compétences renforcées et des solutions concrètes pour restaurer leurs sols.
Les préparatifs des parcelles s’annoncent plus efficaces, laissant entrevoir de meilleures récoltes et une amélioration durable des conditions de vie.
En misant sur des pratiques agroécologiques accessibles et adaptées, ASD et ses partenaires contribuent à renforcer la résilience des communautés rurales face aux changements climatiques, tout en valorisant le rôle central des femmes et des jeunes dans la transformation agricole.

La technique agricole Zaï en adéquation avec les terres qu’elle restaure est à promouvoir dans les zones arides et semi-arides.